
A qui parle-t-on , par exemple lorsque l’on rédige une charte éthique ? Est-ce aux salariés qui vont devoir l’appliquer , au consommateur ou au client qui y trouvera un engagement de l’entreprise , aux autorités de contrôle qui dans certains cas exigent son existence ?
C’est bien sûr à tous ces publics à la fois , mais nous ne prêtons pas attention au fait que le dialogue avec chacune de ces catégories n’est par définition pas de la même nature : toute une catégorie ne nécessite aucun marketing car ils sont les bénéficiaires qui sont intéressés par le résultat : la prévention de pratiques interdites et/ou la promotion de pratiques positives.
Ce sont les actionnaires via l’assemblée générale et le conseil d’administration qui veulent s’assurer que les mesures adaptées ont été prises pour que la valeur de l’entreprise ne soit pas affectée par une infraction. Mais personne ne leur demande d’appliquer le code éthique et encore moins le code de conduite.
Les autorités peuvent être classées dans la même catégorie ; que ce soient les instances pénales ou les structures de contrôle ad hoc ( en particulier l’ autorité de la Concurrence , l’AFA , la CNIL , l’AMF ….) leur objectif est de prévenir les infractions à la loi. Mais elles n’ont bien évidemment aucune légitimité pour juger des voies et moyens , c’est-à-dire de la politique d’intégrité d’une organisation.
Les clients enfin , ne peuvent que prendre acte des positions prises par l’entreprise.
Ce « public » ne peut donc logiquement que vous inciter à mettre en place la fameuse approche « tick the box » que tout le monde critique mais qui est bien indispensable quand vous avez un contrôle : par nature ces acteurs de la compliance nous poussent avoir des preuves formelles et leur métier est logiquement de ne pas se contenter de bons sentiments mais de résultats .
Comme personne ne peut garantir un résultat on peut se protéger en multipliant les moyens mis en œuvre comme preuve de bonne volonté.
Il est sans doute plus réaliste d’accepter qu’une partie d’un programme doit s’adresser à ce public et donc de se doter des procédures nécessaires.
Le piège serait de se contenter de cette approche , c’est-à-dire de se projeter directement dans les indicateurs d’outils mis en place sans se préoccuper des voies et moyens.
Le public le plus important ce sont les collaborateurs qui ne sont pas décisionnaires dans l’ ‘élaboration des règles mais qui seront chargés de les appliquer.
L’ enjeu est beaucoup plus élevé et le sujet plus complexe quand on parle des salariés ; ce sont des « clients » qui ne sont pas demandeurs et qui sont dans la position inverse de la première catégorie : ils ne demandent rien à priori et pourtant ce sont eux qui seront les utilisateurs au quotidien de votre programme.
Un programme identique , mis en place par deux sociétés A et B , peut très bien satisfaire aux attentes des autorités de contrôle et aux attentes des actionnaires Mais ce programme « taille unique » risque de ne pas convenir de la même manière aux salariés de A et aux salariés de B ; l’élément qui va provoquer leur engagement et donc le succès du programme c’est qu’ils se reconnaitrons dans le programme ou en tous cas qu’ils reconnaitrons l’entreprise à laquelle ils appartiennent
La clé est de déterminer comment nous allons impliquer les équipes dans la démarche.