
Le célèbre cas Tylenol est une illustration du rôle que les valeurs peuvent jouer dans la Compliance et donc dans le management de l’entreprise
Voici le cas Tylenol en bref :
1943 : Robert WOOD, fondateur de Johnson & Johnson écrit dans la charte éthique :
« We believe our first responsibility is to doctors , nurses and patient to mothers and fathers and all others who use our products and services.
In meeting their needs everything we do must be of high quality.
We must constantly strive to reduce our costs in order to maintain reasonable prices ….. »
En 1975 James BURKE, CEO , réunit le top management et il fait le constat désabusé :
« A lot of young people didn’t really pay much attention to it …. It’s a PR gimmick »
« The question is , which of these are legitimate demands of society , and how many of these can be fulfill and stay in the business »
Pourtant , quelques années plus tard , la mise en pratique de l’engagement pris dans la charte éthique a guidé la société dans la résolution de la crise du Tylenol…..
En 1982 , dans la région de Chicago un déséquilibré injecte du cyanure dans des comprimés de Tylenol dans les rayons de vente , les autorités demandent à J&J de retirer de la vente tous les produits dans la région de Chicago.
James BURKE décide de rappeler le TYLENOL de tous les points de vente , non seulement dans la région de Chicago mais aussi dans tous les Etats – unis , ce qui signifiait le retrait du marché de 31 millions de cachet pour une valeur de $ 100 millions et donc un perte de la même valeur.
Le CEO a pu se référer à un ligne de conduite affirmée : nous devons quelque chose à la société et nous savons comment matérialiser cet engagement.
Ce premier exemple est ici dans le domaine « moral » mais ce n’est pas nécessairement le cas.
Akio Morita et Masaru Ibuka, fondateurs de SONY avaient rédigé une charte dans laquelle figurait le principe : « Faire ce que les autres ne font pas »
L’ affirmation d’une telle valeur est un moteur autrement puissant pour se tenir à distance des ententes que la crainte d’une enquête de la DGCCRF.
Il existe bien d’autres valeurs d’entreprise qui peuvent constituer le pilier d’une politique de compliance : autonomie , responsabilité d’équipe, exemplarité dans son domaine, excellence des produits ou services ….
Tout ce qui touche à l’autonomie et à la responsabilité individuelle a une importance particulière puisque ces valeurs seront une « grammaire » pour appliquer les principes de compliance.
A chacun ses valeurs et sa culture , le point important est que la notion d’éthique ne demeure pas une abstraction mais qu’elle soit adossée aux valeurs réelles de l’entreprise.
Le bénéfice de l’affirmation de valeurs est sans doute un élément central d’une politique de compliance.
L’objectif d’un programme de Compliance est , au départ , de prendre position sur le comportement de l’entreprise quant aux attentes du monde qui l’entoure.